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Interview du joueur nigerian Argentan de Pro B
L'interview de Segun Tariola jouant en Pro B est publié sur le site de la ville d'Alençon par le journaliste Julien SOYER d'Ouest-France
Segun Toriola qu'est-ce qui peut empêcher Argentan de monter ?
Nous sommes premiers mais tant que mathématiquement ce n'est pas assuré, il faut se méfier. Pour éviter toute désillusion, nous devons penser à bien faire les choses avant de penser aux adversaires.
Votre parcours est similaire à celui réalisé il y a deux ans lorsque le club est remonté en Pro A. Mais votre marge de manoeuvre semble plus étroite ?
Il y a deux saisons c'était effectivement plus facile car toutes les équipes de Pro B n'étaient pas aussi fortes. On l'a vu en première phase, nous aurions pu perdre davantage de points.
Notamment contre Saint-Maur. Là, Monday Merotohun, votre compatriote, vous a sorti de l'impasse. Après coup, vous avez dit avoir été surpris. Vous ne vous attendiez pas à le voir si bien jouer ?
Ce n'est pas ça. Je connais Monday et je le sais capable de battre de très bons joueurs. Mais le chemin qu'il emprunte pour gagner est rarement le plus direct. Par sa façon d'être, il se complique un peu le travail. Mais contre Cazuo Matsumoto, il était dos au mur et il a trouvé les solutions.
Le litige concernant la double licence de Wang Zhen vous affecte-t-il ?
Non, je n'y pense pas. En revanche, je trouve vraiment dommage que ça pose problème. Jouer dans un autre championnat, permet de s'améliorer. Or plus le championnat est relevé, mieux c'est pour les clubs et les spectateurs. C'est avant tout de la jalousie... Certains clubs veulent tirer profit de cette situation. Aujourd'hui, ni les clubs, ni la fédération ne sont ne mesure de contrôler ce phénomène... La liste des joueurs concernés s'allonge.
Votre contrat à Argentan se termine en juin. Pouvez-vous nous parler de votre avenir ?
Non. Je suis bien ici et si je pars, ce ne sera pas à cause du club. J'apprécie l'ambiance, les gens, l'organisation. Avec tous ces ingrédients, si Argentan avait plus d'argent il serait champion de France. Plein de clubs ont plus de moyens et ne font pas aussi bien que la Bayard en terme de compétitivité.
La montée en Pro A vous ferait-elle rester ?
Je veux rejouer en Pro A, mais ça ne fera pas tout. Il me semble important aussi que le club essaie d'avoir une équipe qui peut se maintenir parmi l'élite.
Le club exige que les joueurs vivent à Argentan. Cette philosophie n'est-elle pas un frein pour faire venir des joueurs capables de maintenir l'équipe en Pro A ?
Beaucoup de joueurs aiment en effet sortir après les matches, faire les magasins, aller boire un verre dans un bar, or Argentan est une petite ville. Mais avec de l'argent, tu peux faire venir qui tu veux. En revanche, Argentan, compte tenu de ses moyens, arrive à ce niveau grâce à sa philosophie.
Parlons de vous. Huitième de finaliste à Pékin en 2008, vous êtes l'Africain qui est allé le plus loin sur des Jeux olympiques. Comment le vivez-vous ?
C'est une fierté car ça peut donner beaucoup d'espoirs à de jeunes Africains ou même aux populations noires qui vivent en Amérique du Sud. Cette performance a valeur d'exemple pour les jeunes pongistes.
Quelle est la renommée du tennis de table au Nigéria ?
C'est l'un des cinq sports les plus populaires. Derrière le foot, évidemment qui a tout écrasé ces dernières années mais au même niveau que l'athlétisme ou la boxe.
Comment expliquez-vous cette popularité ?
Il est facile de trouver une table ou même de s'en procurer une. Et puis, le pays a entretenu pas mal d'échanges culturels et sportifs avec la Chine. De nombreux coaches chinois venaient au Nigéria quand j'étais jeune. Peut-être que ces échanges vont revenir. Le nouveau ministre semble vouloir aller dans ce sens.
Paraît-il qu'au Nigéria, le tennis de table est un sport de rue...
C'est vrai. Il y a des tables à chaque coin de rue et les gamins commencent souvent ainsi. Il y a même des paris sur certains matches. La détection de jeunes talents se fait aussi par ce biais.
Avez-vous commencé comme ça ?
Non. Il y a beaucoup de pongistes dans ma famille et j'ai commencé avec mon frère qui est aujourd'hui coach professionnel. Quand j'ai été repéré, j'avais déjà un bon niveau.
Les Jeux olympiques de Londres en 2012 seront-ils votre dernier défi ?
Non. Je ne me fixe pas de limite. Tant que j'ai envie de jouer, que je me sens bien, je continue. Et même si je ne suis plus au plus haut niveau, je continuerai à jouer. Pour l'instant, je me fixe les Jeux du Commonwealth en octobre 2010 en Inde. Cette épreuve revêt une très grande importance au Nigéria. La même que les Jeux olympiques et les Jeux africains.
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